Légendes

Dans les civilisations anciennes, le ver, déjà, est entouré de mystère. Comment naît-il ? D’où vient-il ? Que fait-il dans la terre ? Par ces questions demeurées longtemps sans réponse, le ver s’est trouvé au coeur de maintes légendes et théories sur l’origine de la vie.

On raconte en Inde que Krishna, comme beaucoup d’enfants, mit dans sa bouche une poignée de terre avec un ver.

Aussitôt sa mère, Devakî, se précipite pour lui ouvrir la bouche, l’entrouvre et y voit l’Univers.

 

                               

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En Chine, le ver fait partie du zodiaque. Il est représenté par une petite constellation de quatre étoiles, dénommée Corbeau en Occident. Baptisées Tch’ien ou Ch’en en chinois, ces étoiles manifestent la force créatrice qui peut prendre plusieurs formes telles le fils aîné, le tonnerre, le mouvement, l’éveilleur, le nord-est, le dragon, la couleur jaune sombre et le ver. Tch’ien prend toute sa signification dans le livre des transformations,

I Ching, livre qui révèle aux sages et aux empereurs les voies secrètes de la destinée. Tch’ien annoncerait un ébranlement suivi d’une période chanceuse.

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Dans une fable du Moyen-Orient, ce sont des vers qui prêtent leur aide au roi Salomon pour tailler un temple dans la pierre. Il y a une fabuleuse montagne de diamants, le mont Shamir, où seuls les vers peuvent creuser une substance aussi dure. Cette fable décrit en même temps la richesse colossale d’un roi, obtenue grâce à la fertilité de son empire, et du royaume légendaire d’Ophir. On fait mention d’Ophir dans les Livres des Rois de la Bible.

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Dans plusieurs pays, on retrace des légendes dans lesquelles le genre humain provient des vers. C’est le cas notamment de la Chine, de l’Amérique du Sud, chez les Indiens Cashihuana, et de l’Irlande. Ainsi, chez de nombreux peuples, une race de géants habitait la Terre. Ils périrent avec le déluge et c’est alors que des cadavres de ces géants émergèrent des vers desquels naquit une humanité nouvelle.

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En Micronésie, la mythologie fait état du ver primordial Lajnan qui est considéré comme un dieu.

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En Irlande, terre fertile pour les contes et légendes s’il en est une, le ver joue un rôle important.

Dans la Gylfaginning, après la mise à mort du géant Ymir par le dieu Odin et ses frères, on façonne la terre de sa chair; de ses os naissent les montagnes, de son crâne le ciel, et les vers issus de son cadavre obtiennent, par la grâce des dieux, l’apparence d’êtres humains.

Toute la légende du roi Conchobar d’Ulster qui fonde l’Ordre de la Branche Rouge est marquée par la présence des vers. L’histoire du roi Conchobar est l’équivalent en Irlande de celle du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde en Bretagne. À sa naissance, Conchobar tient un ver dans chaque main.

Son neveu Cuchulainn, le guerrier suprême, naît d’un ver avalé par sa mère, Dechtine. À l’âge de sept ans, Cuchulainn, conformément aux prédictions d’un druide, prend les armes sachant que sa vie sera courte et sa gloire éternelle.

De même, toute une épopée naît en Irlande. Les deux taureaux de la Razzia des vaches de Cooley, Tain Bo Cuanlge, naissent des gardiens des porcs des Dieux, transformés en vers et avalés par une vache du Nord (Ulster) et une vache du Sud (Connaught).

 

 

  

              

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En Haute-Bretagne, on dit qu´il y a trois vers dans le corps humain. Quand un homme se noie, chacun d´eux s´incarne dans un ossement ; Ces trois ossements se détachent du noyé, et trois mois après, ils se transforment en coquillages. Les marins assurent que les coquillages prennent naissance dans les os des noyés ; aussi quelques un disent lorsqu´ils entendent parler d´une personne morte en mer : « Un homme de moins et trois coquillages de plus ».

 

 

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Chez les Celtes, le ver a la puissance de féconder la matière, au même titre que le serpent d’autres légendes. Il en va de même pour l’histoire de la Terre rencontrant le ciel ou celle de la vie rencontrant la Terre.