Les différentes espèces

Plusieurs espèces se ressemblent beaucoup extérieurement. L'identification est faite à partir des spécimens adultes en déterminant le nombre de segments, et en procédant à l’examen détaillé des organes génitaux et d’autres caractéristiques anatomiques internes. L’identification précise requiert un examen approfondi de structures fines et doit être faite par un spécialiste.

 

Parmi les nombreuses espèces de vers de terre (220 espèces), une douzaine sont exploitées par l’homme et présentent un intérêt commercial important. Les vers de terre sont utilisés pour le compostage des déchets organiques, la production d’engrais et de fertilisants, la production de protéines et comme appâts pour les poissons par les pêcheurs sportifs.

 

Les vers peuvent être l’objet d’une récolte en milieu naturel pour une mise en marché directe comme le commerce des appâts ou bien sont l’objet d’un élevage qui peut être très intensif comme le « vermicompostage » ou la production de protéines.

 

Les différentes espèces de vers vivent dans des niches écologiques différentes où elles réalisent aussi des fonctions différentes. Il en résulte que toutes les espèces de vers n’ont pas les mêmes besoins et ne survivent pas dans les mêmes conditions environnementales.

 

Voici quelques espèces parmi les plus courantes chez nous.

 

Le lombric

Le ver de terre commun, le lombric, (Lumbricus terrestris) est d’une grande taille, il atteint de 10 à 15 cm et son poids est de 3,5 à 4,0 g.

 

 

Il est utilisé principalement comme appât pour la pêche sportive. Il n’existe pas de production intensive du lombric parce que cette espèce demande trop d’espace pour en faire l’élevage. Le marché est plutôt approvisionné par une récolte organisée de ce ver en nature depuis les pâturages et terrains de golf.

 

Ver de fumier

Les vers de fumier (Eisenia foetida et Eisenia Andrei) sont de petite taille, ils ne dépassent pas 5 à 8 cm de longueur.

 

 

Ils ne peuvent survivre sans quantités suffisantes de matières organiques, c’est pourquoi on les retrouve seulement dans les tas de fumier ou de compost et non pas dans les sols des jardins et des champs.

On reconnaît facilement le ver de fumier à sa couleur rosée et à ses anneaux clairs, presque jaunes.

Ils sont utilisés pour les élevages à grande échelle.

Ces élevages intensifs sont pour le compostage des déchets organiques et la fabrication de protéines.

Ces vers sont très prolifiques. Ils se reproduisent bien à des températures variant de 20 °C à 25 °C. Les vers du fumier sont adaptés pour exploiter les matières organiques en décomposition rapide telles que le fumier ou la végétation. Ils vivent en conditions de forte densité, ce qui signifie qu’il est possible d’en élever de grand nombre dans un espace restreint.

 

Lumbricus rubellus

Ce ver ressemble à Eisenia foetida par sa petite taille et parce qu’il absorbe aussi la matière organique en grandes quantités.

 

 

On le différencie du ver de fumier par sa couleur rouge unie. Il vit directement à la surface du sol caché sous les feuilles. On l’utilise volontiers pour l’élevage.

 

Ver nocturne africain

Le ver nocturne africain (Eudrilus eugeniae) est de petite taille.

 

 

Il est aussi l’objet d’une production intensive. Les conditions d’élevage et d’alimentation de cette espèce sont semblables à celle du ver du fumier. La température optimale d’élevage semble être d’environ 24 °C, mais il peut tolérer des températures variant de 20 °C à 26 °C. La croissance et la reproduction sont considérablement réduites à des températures inférieures à 20 °C.

 

Vers du jardin

Les vers du jardin (Aporrectodea trapezoides, A. tuber-culate, A. turgida) peuvent aussi être utilisés comme appâts et s’élever dans des contenants.

 

Eisenia hortensis ou veneta ou Dendrobaena veneta

Cette espèce apparentée au ver du fumier décompose la matière organique en grande quantité, est très prolifique et s’élève en forte densité.

 

 

 

Elle présente l’avantage d’avoir une taille intermédiaire entre le ver du fumier et le lombric qui permet d’en faire un ver d’appât acceptable par les pêcheurs. À la différence du lombric, Dendrobaena veneta se prête bien à l’élevage.

 

Cette espèce est bien adaptée au traitement des déchets organiques très humides car elle a besoin d’un taux d’humidité plus élevé que Eisenia Foetida, elle se contente également de températures un peu plus froides. Elle a déjà été utilisée dans des centres de traitement de boues de papier par exemple.

 

Le taux de reproduction et la vitesse de croissance étant inférieurs aux autres espèces, le démarrage sera plus lent. Certains annoncent un délai de 18 mois pour obtenir une population stable dans un lombricomposteur.

 

Température : 13 à 18° C, maximum 30°

 

Reproduction dans des conditions idéales :

- environ 6 petits par mois pour 1 ver

- éclosion du cocon entre 40 et 125 jours

- maturité sexuelle à 55-85 jours

 

Si on l’utilise conjointement à Eisenia Foetida dans un lombricomposteur à étages, cette espèce restera dans les bacs du bas plus humides et plus frais, tandis que Eisenia Foetida sera plus présente dans les bacs situés plus hauts.

 

Bine qu’étant de plus grande taille, elle n’aura aucun problème pour passer par les trous ou un grillage à mailles de 5mm d'un lombricomposteur à étages.

 

En résumé, compte tenu de ses besoins en température et de son taux de reproduction plus bas, cette espèce ne semble pas la mieux adaptée au lombricompostage d’intérieur, sauf besoin particulier pour les pêcheurs par exemple.